Film documentaire “Mon corps, ce pays” (Mélanie Trugeon)
Ph : Daniel Quintero

Claire Mallary est née à Rennes (Bretagne, France). Elle a étudié les Arts Graphiques à Paris (Ecole Supérieure d'Arts Graphiques et d'Architecture) puis la Cuisine. Elle a expérimenté différentes voies professionnelle : en tant que graphiste, comme cheffe (Alain Passard, Pierre Gagnaire) ou encore maraîchère.

Elle est revenue à sa langue d'origine, le dessin, en tant qu'autrice et illustratrice.

Ses formes et sujets favoris sont les corps humains, entourés d'une nature onirique et enveloppante. Elle essaie d'exprimer des émotions vives avec des lignes nerveuses, en mouvement constant, jamais immobile. Son seul dessein souhaité grâce à la création est la sensibilité, envers le trait juste, le geste essentiel. 

Claire Malary

Hallali

Cet Opera prima de Claire Malary, évoque dans son titre une métaphore très puissante. L’Hallali est une interjection : le son qui marque le moment où la bête pourchassée est mise à mort par le chasseur.  

 

Dans cet ouvrage, le jeu d’images qui fait analogie entre femme et proie; entre homme et chasseur, fait écho à une idée présente dans une représentation récurrente : les agresseus et le pederastes sont souvent associés aux prédateurs. Cette évocation se traduit visuellement par un montage alterné entre la chasse et le harcèlement. Les séquences en noir et blanc (à l’encre de Chine) et celles en couleur (aux aquarellers) renforcent graphiquement ce parti pris. Vers la fin, nous assistons à une intégration des deux univers et des deux techniques. La fusion s’opère de même alors les figures qui deviennent des taches, donnant lieu à des merveilleuses pages abstraites. 

 

Le danger latent perçu par le personnage féminin est d’autant plus palpable qu’il s’agit d’une séquence muette. Le silence est omniprésent... les traits au pinceau, les taches de couleur, relevant d’une maitrîse remarquable des encres et des aquarelles, figurent une tension que les lec-teurs-trcies pourront ressentir eux-elles mêmes.   

 

Dans la violence sexuelle, la peur du viol ou de l’agression, fonctionne comme une forme control social. L’homme est perçu comme prédateur dans l’espace public. C’est éminemment dans la jungle urbaine (mais pas que) que les femmes sentent cette menace latente, cet épée de Damoclès suspendue sur leurs têtes. 

La force symbolique de cet ouvrage est éloquente dès les premières cases. On le voit notamment dans cette case : une corde déchirée.
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