Le regard des éducateurs

Le regard des éducateurs et des soignants

Dans chacune des quatre œuvres présentées ici, le.la narrateur.trice et personnage principal intervient pour aider, éduquer ou soigner une ou des personnes en situation de handicap.

Une personne entre donc en relation avec une autre en raison du handicap, et non pas malgré ce handicap. Le récit s’articule alors autour des tentatives pour nouer cette relation, par l’éducation, comme le fait Annie Sullivan avec Helen Keller, ou par la pratique artistique, comme Mirranda Burton dans Cachés.

Ce chemin vers l’autre passe irrémédiablement par les corps : des corps qu’il faut lever, déplacer, laver, manipuler, comme dans Un faux boulot ; des corps qui s’expriment qui imposent leurs personnalités quand la parole fait défaut, de façon violente ou déplaisante, comme Dav Guedin le souligne dans Colo Bray-Dunes ; des corps qui offrent une résistance, qui ne se laissent pas faire, qui ne se livrent pas facilement, des corps qu’il faut pourtant toucher pour atteindre la personne emprisonnée à l’intérieur ainsi que l’illustre remarquablement Joseph Lambert dans Annie Sullivan et Helen Keller.

C’est alors un regard différent qui se fait jour : Le corps de l’autre n’est plus vu comme anomalie ou stigmate d’un trouble interne, mais comme surface de contact. Le corps de l’aidant et celui de l’aidé, dans leur inégalité, sont un point commun, le point commun fondamental qui rapproche les deux personnes et permet leur relation, que ce soit dans le geste artistique partagé, dans la langue des signes tactile, ou dans le repas pris ensemble.

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Le regard des proches

Tiphaine Gantheil

© Gantheil Illustration 2022

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Entretien avec l’auteur d'Annie Sullivan et helen Keller

Joseph Lambert

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