Le regard sur soi

Un amour simple

Nono est psychotique. Il n’en n’est pas moins capable d’amour, de désir, de rêves. Nono aime Lucy et le corps de Nono aime celui de Lucy comme le font tous les êtres humains. Le handicap de Nono ne se voit pas sur son corps, et le dessin léger et très épuré de Bernard Grandjean se garde bien de marquer une différence : Dans chaque case, le personnage Nono est semblable à n’importe quel autre personnage.

Sa différence apparaît dans ses mouvements, lorsque son corps semble hors du contrôle de sa volonté. Il ne parvient pas à coordonner ses mouvements pour faire le geste de l’auto-stop. Ou bien son corps ne répond plus qu’à ses émotions et il se balance d’avant en arrière, tout à la tristesse qui l’a envahi.

C’est dans une séquence de cases en plan fixe mettant évidence le balancement du corps ou dans la multiplication des lignes de mouvement signalant la gesticulation que nous pouvons alors lire le désordre du corps de Nono.

 

Un amour simple

Bernard Grandjean

La boite à bulles 2011

©Grandjean, La boite à bulles 2011